Fragilité

 

 

oeuvre de Doris Salcedo

Doris salcedo

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Fragilité d’une fausse douceur passagère derrière un non tissé qui fondra comme neige au soleil

Périssable être humain aux chaussures délicates

Femme meurtrie par la vie chancelante sur ses escarpins blancs

Existence vouée ou livrée au hasard ?

Horreur envers tous ces hommes immunisés contre la fragilité humaine

Ils tuent pendant que d’autres aspirent juste

Comment conserver quelque part un coin d’incertitude où seraient rangées nos fragilités et notre impuissance à dire, à voir, à entendre ?

Doit-on coucher cette fragilité dans une boîte en bois, cercueil éternel ?

Son couvercle ne serait qu’intissé hydrosoluble qui disparaîtrait sous la rivière de nos larmes 

Linceul éphémère cloué sur le cercueil de notre humanité avec des milliers d’akènes de pissenlit 

Ces pissenlits que la femme aux escarpins, chancelante, suce je ne sais où, par les racines. 

 

jamadrou © 17 mars 18  (A fleur d'image)

 

ici une musique...

 

 

 

 

 

Commentaires (15)

Josette
Le cercueil des souliers comme le symbole de la fragilité...
Je crois que c'est à Budapest qu'il y a sur un quai des chaussures en bronze abandonnées dans la fuite en mémoires des disparus
ABC
"Périssable être humain aux chaussures délicates", qu'il est dure à l'humanité de s'accomplir en marchant droit dans ses souliers !!!
jamadrou
Josette, fragilité de nos vies, de notre liberté, de nos droits de l'Homme....
jamadrou
ABC, On peut marcher droit dans ses baskets mais il y a toujours quelque part des
"Bruits de bottes
et pas dans l’escalier –
sans au revoir"

Des fous de pouvoir
en lourdes chaussures à clous
écrasant l'espoir
Jeanne Fadosi
  • 5. Jeanne Fadosi (site web) | 23/03/2018
fragilité de toute vie. cruauté des mises à mort, qu'elles soient dirigées vers l'une précisément ou frappant à l'aveugle avec morgue et indifférence, cynisme des marchands d'armes qui font de l'argent sur la mort ...
un texte maginifique et fort Jama. Merci
jamadrou
Le travail de cette artiste plasticienne est tellement "magnifique et fort" que ces mots offerts ne sont que simple écho
quand une voix porte, l'écho se fait facilement Jeanne
Balaline
  • 7. Balaline | 23/03/2018
Plasticienne et résistante pour nous offrir toute la trame des tristesses et du courage déposés sur ces chaussures de femmes libres.
Un très beau texte Jama, merci.
Marie Minoza
  • 8. Marie Minoza (site web) | 24/03/2018
Que dire devant ton texte aussi émouvant que l’œuvre de Doris Salcedo..
Deux petits chaussons fragiles
sur une toile cousue à grands points...
Mystère de cette vie où l'humanité et ici la femme en particulier
passe et repasse sur les chemins de l’existence
en usant ses pieds et son cœur
sur les pavés de la haine et de la violence...
Danser, marcher
sur la pointe de l'âme et du cœur
jusqu'à la souffrance extrême...
jamadrou
Merci Marie
La Vieille M.
  • 10. La Vieille M. | 28/03/2018
J'aime beaucoup le lien que tu fais avec la Musique de Rachmaninoff : VOCALISE. Exécutée par cette artiste fabuleuse qu'est Yuja Wang ....
Une pièce qui est chantée souvent aussi. L'interprétation d'Anna Moffo ne nous éloigne pas de l'oeuvre de Doris Salcedo ci-dessus.
Tu dis , fort à propos : quand une voix porte, l'écho se fait facilement .....

Anna Moffo chante Vocalise de Rachmaninoff

Vive les "fraternités invisibles" !
jamadrou
Merci pour ce tout Vieille Marmotte
Très heureuse de retrouver tes appréciations et partages
Comment vont les boules vertes, ont elles germé?
la Vieille Marmotte
  • 12. la Vieille Marmotte | 28/03/2018
Bonsoir Jama ! J'imagine que les graines des boules vertes gerrminent tout doucement ! mais pas encore de petites pousses vertes dans le pot, malgré l'intense chaleur de mon regard !! Si la pigeonne qui me rend visite décidait d'y pondre, elle réchaufferait les graines, peut-être ? Je veille au grain !!
jamadrou
Alors Francoise veille bien au grain et demain fete comme il se doit ton annee supplementaire!!!
Bisou
Martine
Bonjour Jamadrou,

Contraste entre la fragilité de ces chaussons de danse, de leur rose tendre et la force de tes mots évoquant le bruit écrasant des bottes luisantes de haine et barbarie.
Très beau texte, très émouvant.
je viens aussi de découvrir celui si doux du n'°107. Belle page également.
merci Jamadrou
jamadrou
Merci Martine pour tes mots ici; tu es matinale!
( je vais vite éditer mon texte pour la page 107 )

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