68. Soleil noir

Proposition 68 : un tableau d'Orlando Bofil

Orlando

 

 

(Un écrit pour l'Herbier Poésies d'Adamante)

 

Pour ne plus jamais vous parler de désespoir

Je suis partie là-bas de l’autre côté du miroir

Pour ne plus jamais vous conter de bien tristes histoires

Pour ne plus jamais vous parler de la pluie du soir

Celle qui a des larmes  blanches grises et noires

Je suis partie là-bas juste pour voir

Mais là-bas il faut me croire

Le soleil était noir

Il avait les yeux rouges du poisson

Il a les yeux gris du poisson

Il aura les yeux bleus du poisson

J’ai su que voir le soleil noir

C’était garder comme le poisson les yeux toujours grand ouverts

C’était vouloir s’éveiller  et aller au fond des choses

Là où le sable n’est que boule lumineuse

Là où la connaissance n’est qu’intuition

Là où au plus profond de l’eau tu retrouves la source

Mais quand on revient de là-bas

On ne peut plus parler aux hommes

Et voilà pourquoi on prend ses couleurs ses pinceaux

Et qu’inlassablement on peint le soleil  et des poissons au dessus de l’eau .

 

jamadrou © 25 février 2017    (A fleur de vie)

 

 

 

 

Commentaires (15)

jill bill
  • 1. jill bill (site web) | 03 Mars 2017

Merci jamadrou, j'ai découvert cette chanson en prime... extra ! Bon vendredi...

Josette

magnifique désespoir en écho à Barbara Jama.
je frissonne toujours quand j'entends sa voix , son regard si noir et ses paroles tragiques

jamadrou

Cette chanson Josette elle l'avait écrite en pensant à tout ça ( un clic ici: http://francois.faurant.free.fr/le_soleil_noir/barbara_index.html)

(Au début de 1968 un fils de Michel Colombier (son arrangeur musical attitré) âgé de 4 ans meurt de maladie. Cette mort d'un enfant la révolte. Elle est au côté des parents, les soutient dans les démarches administratives. Elle est là avec eux. "Mais un enfant est mort là bas quelque part", "J'entends le glas sonner et c'est le désespoir »
Un autre événement plus ancien est a jamais gravé en elle. Le 8 août 1956 une catastrophe minière s'est produite à Marcinelles en Belgique près de Charleroi. 263 corps sans vie de mineurs sont retirés des galeries. A ce moment là elle vivait en Belgique. Elle a vu le désarroi des familles endeuillées. "La terre s'est ouverte là bas quelque part". Des mineurs périssent dans des galeries éboulées. "Des hommes sont murés, et c'est le désespoir".)

Marie Minoza
  • 4. Marie Minoza (site web) | 03 Mars 2017

Ton poème est si émouvant et quand on écoute la chanson de Barbara, oui le soleil est bien noir sur notre terre!
Comment le colorier à nouveau?
Comment le faire sourire?
Comment lui dire d'apporter la paix et l'amour?

**********************
"Je vous reviens ce soir, le cœur égratigné,
Car, de les regarder, de les entendre vivre,
Avec eux j'ai eu mal, avec aux j'étais ivre,
Je ne ramène rien, je reviens solitaire,
Du bout de ce voyage au-delà des frontières,
Est-il un coin de terre où rien ne se déchire,
Et que faut-il donc faire, pouvez-vous me le dire,
S'il faut aller plus loin pour effacer vos larmes,
Et si je pouvais, seule, faire taire les armes,
Je jure que, demain, je reprends l'aventure,
Pour que cessent à jamais toutes ces déchirures,
Je veux bien essayer,
Et je veux bien y croire,
Mais je suis fatiguée,
Et mon soleil est noir,
Pardon de vous le dire,
Mais je reviens ce soir,
Le cœur égratigné,
Et j'ai le désespoir,
Le cœur égratigné,
Et j'ai le désespoir..."

Barbara

jamadrou

Oui Marie des mots bouleversants

Jeanne Fadosi
  • 6. Jeanne Fadosi (site web) | 03 Mars 2017

magnifique référence à Barbara. et à une chanson terrible et toujours actuelle. L'autre côté du miroir ne peut donc pas consoler ni chasser les histoires noires.

jamadrou

Si Jeanne ce voyage permet d'aimer très fort la vie mais nous isole de nos semblables, la communication se fait alors en poésie , en couleur, en musique, ....:-)

Balaline
  • 8. Balaline | 03 Mars 2017

Oui, peins-nous un soleil d'or et des poissons volants, des yeux rieurs et des rires de coeur ; ne laissons plus la porte ouverte au désespoir !

jamadrou

@Balaline
Si j'étais une vraie " peinturlheureuse"
Pour toi je dessinerais des milliers d' étoiles
Pour toi je peindrais la lune d'or
Pour toi j'y mettrais des rayons d'espoir
Pour toi je peindrais ce que voit l'alouette, ce qu'entend le rossignol
Pour toi les poissons pourraient dormir tranquille et fermer les paupières
Pour toi je réinventerais la bonté l'indulgence la compassion
Pour toi j'effacerais à jamais les barreaux des prisons...

la Vieille Marmotte
  • 10. la Vieille Marmotte (site web) | 03 Mars 2017

La Marmotte se tait

Balaline
  • 11. Balaline | 03 Mars 2017

Trop Beau ! bien sûr tu peux le faire, repeins-nous ce monde- là .

Des grues par centaines depuis ce matin si doux: une espérance et le sourire au coeur .

jamadrou
  • 12. jamadrou (site web) | 03 Mars 2017

Et moi j'aime bien quand cette jeune Marmotte bavarde pour Tout dire ou pour Rien dire

jamadrou
  • 13. jamadrou (site web) | 03 Mars 2017

Balaline, Elles sont si belles ces grues porteuses de printemps

(là-bas dans La Caverne de G+, nous avons parlé à bride abattue de ces jolies grues cendrées, Balaline tu devrais venir nous rejoindre)

abécé

Le noir n'est jamais complètement noir, quelque soit le voyage effectuée car reste, comme tu le dis si bien les pinceaux, les couleurs, les rimes et la poésie pour chanter l'espoir que je garde chevillé au corps...

jamadrou
  • 15. jamadrou (site web) | 03 Mars 2017

Et personne ABC ne pourra tirer la chevillette pour faire choir le monde!

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